C’est en regardant un reportage de la CRTV dont le sujet était la visite du Président Paul Biya au Brésil il y’a quelques mois, notamment l’évocation des domaines dans lesquels les accords de coopération ont été signés que m’est venue l’idée de ce billet. Il s’agit de comprendre la manière dont l’Etat camerounais appréhende, l’enjeu considérable et totalement négligé qu’est la révolution numérique.
Prenons la liste des accords signés : agriculture, élevage, culture, pêche, des secteurs importants mais rien sur les nouvelles technologies alors que le Brésil est un pays émergent qui a une industrie technologique dynamique. Le Président n’a-t-il pas de conseiller à l’innovation, aux nouvelles technologies ? En tout cas la Division de l’Information et de la Communication à présidence de la république est forte de quatre membres sans oublier l’ANTIC qui joue de conseiller technique et est rattaché aux services de la Présidence.
On dirait que l’Etat camerounais vit dans un autre monde et dans sa réalité acheter ou plutôt se faire offrir des ordinateurs suffit à informatiser la nation. Ce ne sont pourtant pas les problèmes qui manquent pour que l’on ouvre les yeux:
Charte des sites web gouvernementaux non respecté et qui laisse à désirer, Pas de référentiel gouvernemental pour l’échange de documents, La dématérialisation quasi inexistante, Les infrastructures moribondes, La quasi non concurrence dans les télécoms, Problème de fréquence, Les mercuriales, L’affaire du SMSTweet, Le non arrimage au cable sous marin WACS, Etc.Comment donc expliquer cet état de faits, j’y vois plusieurs causes :
Les décideurs politiques et administratifs ne connaissent pas grand-chose aux nouvelles technologies, sortis de l’ENAM pour la plupart il y’a très longtemps, ils ne connaissent pas les enjeux de la société de l’information mais surtout ils souhaitent garder le contrôle de l’information pour continuer à piller les ressources du pays tranquillement
Les processus administratifs légaux sont inadaptés, les intervenants largement incompétents et irresponsables.
La dispersion des compétences et responsabilités à travers plusieurs organes de décision : ANTIC, Ministère de la communication, CENADI, Ministère de la recherche et de l’innovation
La domination du marché des NTIC par quelques grosses pointures avec l’aide des multinationales empêchant ainsi le développement d’un écosystème capable d’accompagner le développement technologique.
L’élite politico administrative camerounaise affiche en réalité un désintérêt total et une ignorance profonde des enjeux technologiques. Il devient urgent de créer des conditions pour peser dans les métiers intellectuels et immatériels. Une des pistes de réflexion serait la nomination d’un super Directeur Technique National (CTO) qui aura la charge de conseiller les autorités sur les grandes orientations technologiques à prendre, coordonner l’action des différentes DSI de l’Etat, de faire avancer les dossiers structurants comme par exemple ceux listés ci-après et que nous considérons comme prioritaires :
License 3G, Connexion au second câble sous marin, 3e License opérateur, Levée du monopole de Camtel sur la bande passante, E gouvernement, Intranet gouvernemental, IXP, Opendata, Dématérialisation, Aide aux startups
Espérons qu’en cette année électorale les différents candidats essaieront de faire des propositions sur ces sujets. Nous sommes en tout cas prêts à échanger avec tous ceux qui le souhaiteront.
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Que le ciel … ou plutôt qu’Etoudi t’entende. (soupir)
Que les candidats à la présidentielle fassent des propositions, oui mais qu’on ne reste pas au stade des paroles ça sera mieux…
Je partage ton texte tout de suite!!! Belle observation,…
Pingback: Les TIC: un enjeu de la présidentielle 2011? | Mon Pays le Cameroun
@ongolaboy
Comme dirait l’autre plaise le ciel, oups Etoudi
@gaell
Merci pour le lien et bienvenu sur mon blog
Je partage tes souhaits mais je crains que nous nous heurtions à la dure réalité des faits:
1/Avec tous les conseillers déjà présents autour du président comment ton CTO arrivera-t-il à se faire entendre ? Ne sera-t-il pas entravé par les mêmes “anciens/traditionnels” conseillers déjà présents et responsables de la situation actuel ?
2/ Les innov-acteurs des TICs ne représentent pas encore, hélas, une force électorale suffisamment importante pour qu’on tienne comptent de leur besoins. Il faut d’abord qu’ils deviennent un poids économique respectable pour que leurs revendications soient pris en compte par le politique. Bien que l’inverse serait l’idéal, la réalité de la chose et l’expérience dans d’autres pays, même développés, le prouve sans cesse.
3/ La dernière question qui fâche et qui devrait être à la base de ta réflexion: Est-ce que le Cameroun est un pays qui se veut être à la pointe du numérique ?
Si la réponse est oui, alors mais réticences peuvent être jeter à la poubelle. Dans le cas contraire, toutes nos élucubrations ne servent à rien… et le pays est mal embarqué dans cette nouvelle révolution industriel.
@LPN,
Pour te répondre:
Merci de t’etre arreter par ici depuis ton lieu de villégiature aux environs de Cannes
1/ Je pense que le CTO devrait avoir un rang de ministre influent qui reporte directement au president ou au PM, son rang protocolaire doit etre assez élévé. Et surtout il faut que le PR s’implique sur le dossier.
2/Nous ne connaissons pas le poids économique des entreprises du numérique mais je peux te dire que lorsque le cable sous marin se coupe quelque part au niveau de cotonou, les banques tournent au ralenti, les transferts d’argent sont presque paralysés, les developpeurs Web dans la merde ca fait beaucoup de pertes ca, si ce n’est pas un poids économique ca. Le vrai probleme est que les autorités ne savent pas quantifier ces secteurs d’activités au dela des vaches à lait que sont les opérateurs télécoms.
3/ Le cameroun n’a pas l’aura du Kenya ou de Rwanda dans les médias mais il s’y passe beaucoup de choses alors ta question ne ma fache pas
Tu veux un CTO au rang protocolaire élévé? Ceci signifie sous nos latitudes que la grisaille de ses cheveux doit être avancé..
Si c’est le cas, c’est qu’il y’a quelques chances qu’il soit sorti de l’ENAM, et donc qu’il ne connaisse pas très bien le monde des TIC…Donc, on boucle.
Il faut un jeune à ce poste, et connaissant le pays, il ne pourra pas être jeune au milieu des caciques, et influent à la fois. Il va falloir choisir.
@LPN a raison. La volonté politique actuelle n’est pas de mettre le Cameroun à la pointe de la technologie numérique. Je ne vois pas les dirigeants actuels sortir de la torpeur dans laquelle ils sont engoncés depuis des décennies, pour tout à cour, brusquement, soudan, engager le pays sur la voie du numérique.
Non non, les chiens ne font pas les chats.
@oniN
Tu veux dire que si l’on te nomme à ce poste tu ne peux pas t’en sortir? Bien sur que oui, nous n’allons pas attendre le départ de toutes ces personnes pour proposer ou faire quelque chose. Par example combien de fois ont ils été invités au barcamp, à la 9ideas et ils ne sont pas venus, mais nous avons quand meme avancer non? et nous continuerons sans eux. Des fois il faut proposer et sur un malentendu peut etre que…
Trop de bonnes choses dans tes dires!
Je partage le lien vers cet article.
Mais comme le dit oniN, si ce message est entendu (par le gouvernement actuel), il y’a fort à parier que se soit un “ancien” “aux cheveux gris” qu’on choisisse pour ce poste.
@Tnjulius
Il y’a des anciens qui peuvent faire l’affaire hein, il faut juste une bonne personne qui peut s’entourer de jeunes qui vont mettre en oeuvre la bonne vision
A mon avis, la chose n’est pas aussi simple. Bien que je partage tes propos, la nomination d’un CTO ne fera pas basculer la vapeur ipso facto. Le véritable problème est au niveau structurel. A savoir la mise en place d’un environnement qui stimule la promotion et le développement des TIC. Cela implique la révision des programmes des cursus scolaire et la réinvention des institutions chargées de faire suivre ces cursus. Parce que imaginez un étudiant en Marketing (Licence pro) qui ne sait se servir adéquatement d’un traitement de texte, et ne lui parler même pas de réseaux sociaux(je ne déconne pas). Ne vous étonnez pas que l’entreprise dans laquelle il/elle sera cadre ne daigne même pas avoir un site vitrine.
Par ailleurs, je suis tout à fait conscient de l’écosystème IT qui est en train de se former peu à peu et je profite de l’occasion pour saluer les initiatives des uns et des autres(je ne citerais personne en particulier).
Cependant, cet écosystème ne pourra véritablement constituer une force économique que s’il y’a effectivement en amont une entité politique capable de la repérer et de l’encadrer.
Comme tu dis, on n’a pas attendu le CTO pour avancer, n’en réclamons pas un.
Continuons d’avancer simplement, comme nos libéraux d’américains pensent, le “marché” peut se réguler tout seul sans avoir besoin d’intervention ou de cadre précis.
Ou alors, militons fortement pour que l’ANTIC prenne son rôle à bras le corps et l’incarne pleinement. Mettons l’ANTIC au coeur de nos revendications de manière à lui donner une visibilité et une certaine aura, pour qu’elle soit elle-même crédible quand elle parle.
S’il devait y avoir un CTO, il existe déjà en tant que groupe, c’est l’ANTIC, et son DG est justement une sorte de CTO (par exemple, les problématiques d’e-governement et d’Intranet gouvernemental sont du ressort de l’ANTIC je pense).
Il ne joue pas son rôle ou n’a pas les budget pour? Créer un poste de CTO résoudra t-il le problème ?
Créer un organe / poste supplémentaire ne fait qu’augmenter l’entropie créée, et donc, le désordre
@oniN
Le vrai CTO c’est le DG de l’ANTIC mais on peut lui rappeller son role et meme lui donner ce titre et les pouvoirs qui lui permettent d’agir. Au moment de l’affaire de la suspension de Twitter via SMS, l’ANTIC s’est déclaré incompétente ce qui est tres grave, elle pouvait au moins expliquer au CNS les tenants et les aboutissants.
L’ecosysteme a besoin d’un interlocuteur pour faire entendre sa voix et structurer le marché on ne peut pas avancer sans 3G alors que le marché la reclame, la TNT, un 3e opérateur c’est pareil. Bref le marché à besoin de structure en attendant les autres avancent plus vite que nous
Je suis d’accord sur ce besoin: “a besoin d’un interlocuteur”, pas forcément d’un CTO (qui n’est pas forcément la bonne réponse).
Un interlocuteur peut être n’importe qui de crédible et à la voix qui porte dans la société.
Les paysans ont bien un interlocuteur, si les geeks n’en ont pas, on ne devra s’en prendre qu’à nous-même.
Le lobbying dont tu parles pour avoir la 3G, le 4è opérateur doit commencer now pour porter ses premiers fruits vers 2015 car devenir un interlocuteur auprès des pouvoirs passe par une phase de construction de sa crédibilité, et on constate que les décrets ne confèrent pas cette crédibilité.
Je regarde un Bikidik et le RACE pour la défense du droit à l’Energie, ou à un Njonga et le monde paysan. On peut s’en inspirer pour construire une personnalité qui portera les messages auprès des médias.
On peut déjà définir quelqu’un qu’on soutiendra dans ses messages concernant les NTIC, de manière à fabriquer cet interlocuteur crédible pour les pouvoirs publics. Aujourd’hui, les rangs sont dispersés, ce qui se facilite pas la lisibilité des demandes.
Rien à redire, il faut un CTO pour le cameroun et un COO aussi!
@oniN
Tu as raison sur ces derniers points!
@Etum,
Tu as posé le bon pb, et au moment de donner une solution, bam! tu tombes dans ce travers bien de chez nous qui consiste à l’exprimer en terme de poste, de fonction, de diplôme (oui, j’extrapole), plutôt que d’actions, de vision ou de stratégies. Seul @Warrens semble l’avoir relevé.
Parce que d’une part, à supposer qu’on trouve un jour un KPO (cherchez pas, ça ne veut rien dire; mais comme je ne sais pas non plus ce que signifie CTO…) qui soit capable d’apporter les bonnes solutions au problème, on risque de passer à côté en lui disant, “désolé mec, nous, c’est d’un CTO qu’on a besoin”. D’autre part, et plus probable, comme quelqu’un est toujours le tonton de quelqu’un quelquepart, supposons qu’on nomme un CTO, mais juste parce qu’il a le bon tonton, aura-t-on pour autant résolu le pb?
Plus concrètement, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose d’attendre que les politiques ouvrent la voie. En général, ça ne marche pas comme ça, leur rôle est plus de baliser le chemin, après que d’autres, les *.2.0 comme toi en l’occurrence, aient ouvert la voie. Et en général aussi, il faut qu’il y en ait suffisamment, ou que l’impact ou le buzz soit assez fort, pour les faire fléchir.
Et comme tout cela prend du temps, le mieux est de continuer à avancer, et si possible d’accélérer la cadence. Enfin, il y en a qui ont déjà commencé à poser les bases pour un dialogue avec les dirigeants, tu es certainement au courant de la tenue du forum DAVOC 2011 au Cameroun; même si on peut être encore sceptique sur les résultats à long terme, il faut reconnaitre que c’est un pas dans la bonne direction.
@Ti_Aya,
Ce sont les politiques qui commandent chez nous, j’aimerais juste qu’ils prennent aupres d’eux un interlocuteur ou alors un pool d’interlocuteurs qui va leur expliquer les enjeux, les priorités, les solutions éventuelles etc..
Concernant DAVOC pfff non event pour moi!
PS: CTO comme tu dois le savoir (tu fais le tetu
c’est Chief Technical Officer
- DAVOC, event pour les uns, non event pour les uns
- 9ideas et barcamp, event pour les uns, non event pour les autres…
Tant que la communauTIC n’est pas rassemblée, qu’elle ne s’attende pas à être audible, ni à avoir un point d’entrée unique auprès des politiques.
@oniN
Bien vu, man.
@oniN @TiAya bien vu quoi? pour moi Davoc est tres généraliste d’ou mon non event pour moi mais sinon d’accord pour l’union
Salut Etum!
bel article, c’est au moins la 5ème fois que je lis et je me suis décidé de commenter.
mes prédecesseurs au bas de ce billet ont exploré des pistes. Mais il ne faut pas se mentir à nous même. L’écosystème TIC au Cameroun est prêt à devenir un macrosystème et un fleuron de la vision du Cameroun émergent de demain. Les Barcamp et autres 9ideas sont là pour le démontrer. A ce stade des choses, il faut que la volonté politique s’implique, car les problèmes soulignés par toi constituent une dalle au sommet de nos têtes. Nos différentes initiatives nous permettront d’atteindre le plafond, mais pas de le briser.
D’aucuns ont parlé de fabriquer un interlocuteur à la Njonga…très tentant, mais je suis pas pour. Car si les actions et initiatives de ce grand monsieur dans le domaine de l’agriculture sont à saluer, l’Etat est-il vraiment à l’écoute? nous ne parlons pas ici d’innovation, mais de rattraper notre retard. Les efforts ne doivent donc pas être considérés comme antagonistes, mais centrifuges. Il doit avoir des attributs protocolaires, plénipotentiaires et autres pour mener à bien ses missions que tu as très bien énumérées.
Alors, je suis à 100% pour un CTO au Cameroun, à l’image du Vérificateur du Mali qui garde toute son indépendance et qui est au dessus de la mêlée. Pour ce poste, je penche pour quelqu’un du cru, qui saurait rassembler le maximum d’acteurs autour de lui.
Des forums de discussion sont permanents dans notre sphère, que cette proposition se fasse l’écho dans nos milieux.
Sorry d’avoir été si long
@arsdy237
Tu n’as pas à t’excuser
@Etum,
Le bien vu, c’était pour le commentaire de oniN sur la nécessité de parler d’une seule et même voie. Le “trop généraliste” dont tu accables DAVOC pour moi n’est pas un défaut. Pour développer les TIC, on a autant besoin d’entités généralistes, qui ont un rôle plus fédérateur, que d’entités spécialisées dont l’avantage serait plutôt dans l’innovation et la création. Une de ces dimensions ne pourrait être négligée à la faveur d’une autre.
Pour en revenir au CTO, le fait est que si on commence à rentrer dans le détail des fonctions que tu lui attribues, ce sera pour ce rendre compte que ça en fait trop pour une seule personne. Et si on décide plutôt de les attribuer à un office, ça n’en ferait jamais qu’un de plus, avec les ANTIC, ART, CENADI, et autres ministères avec leurs innombrables commissions; bref, un joli capharnaüm. Et pourquoi créer une entité de plus, vu que toutes les fonctions que tu cites sont déjà attribuées à d’autres?
La solution ne saurait donc se poser en termes de postes, mais plutôt d’actions et de stratégies. Le gouvernement pourrait par exemple demander aux entités existantes un plan d’action pour multiplier par deux ou trois la pénétration d’Internet en 5 ou 7 ans, diviser par deux ou plus le coût de la connexion pour les entreprises, etc, et financer au moins en partie les plans proposés.
Bien sûr, il faudrait trouver le moyen d’exiger des résultats à ceux qui auront la charge de ces plans. Et punir sévèrement ceux qui passent plus de temps à chercher des explications à leurs échecs qu’à chercher des solutions aux problèmes. Rien que ça c’est tout un programme.
Quant à Camtel, le jour où il sera démontré que son monopole est un frein à ces objectifs, alors on pourra le dénoncer avec argumentation à l’appui. Sans cela, l’affirmation n’est pas crédible.
Je crois savoir que dans le paysage des TIC au Cameroun, il y’a tout un écosystème en plein développement. Certes encore embryonnaire et mal organisé mais bien présent. Et c’est très encourageable. Comme il est tout aussi encourageable d’avoir de plus en plus des sujets de discussion comme celui-ci. Cela prouve d’une part qu’on a pris conscience de l’existence de cet écosystème et que d’autre part, on accepte de voir évoluer les choses.
Je ne sais pas avec précision la position officielle du gouvernement sur la question du numérique, mais après avoir écouté parler le ministre de la communication cette semaine à propos d’internet et des réseaux sociaux, je crois que c’est pas gagné de ce côté là. Du coup, je continu à me dire que la solution à nos problèmes n’est pas d’avoir un CTO ipso facto mais davantage d’avoir une masse critique de personnes conscient de l’enjeu (même si elles ne maîtrisent pas les tourments techniques) que représente le numérique aujourd’hui. Et j’ose croire que quant le moment arrivera, quant l’écosystème sera assez mûre, le CTO ne sera pas loin.
hum, ton article touche à un besoin universel et fait écho à celui-ci:
http://tariqkrim.posterous.com/france-needs-a-cto-now