Les entreprises africaines souffrent de l’insuffisance, voire de l’absence de ressources moyen – long terme pour investir et financer leur besoin en fonds de roulement : elles sont sous-capitalisées, leurs fonds propres sont insuffisants. Par ailleurs, les mécanismes existants ne sont pas adaptés à leurs besoins : le micro- crédit est trop « micro », le crédit bancaire classique ne leur est pas encore accessible. Nombreuses sont les PME/PME africaines qui s’aventurent sur le marché international à la recherche des fonds auprès des fonds d’investissement. Si la littérature regorge d’éléments sur les critères de succès, il y’a très peu d’éléments sur les critères de rejet de projets par les fonds de capital-risque. En voici quelques uns:
| Critères de rejet | Sous-critères |
| Stratégie divergente du fond de Capital-risque | Absence de potentiel de sortie éloignement géographique taille de l’investissement étapes de développement Absence de familiarité avec le triplet techno/produit/market |
| Faiblesses de l’entrepreneur/de l’équipe | Faible capacité à évaluer le risque Expérience précédente insuffisante Incapacité à produire un effort soutenu compétences managériales expertise insuffisante en marketing et finance Insuffisance du capital investi dans l’entreprise Incompatibilité de personnalité avec l’investisseur |
| Faiblesse du marché | Taille potentielle limitée Taux de croissance insuffisant Menaces concurrentielles trop élevées |
| Manque d’un avantage produit décisif | Prototype inachevé Faible différentiation produits Produit non propriétaire Acceptation par le marché mais non démontrée |
Lorsque l’on regarde ces critères on se rend compte que nombreux sont les projets africains qui ne passeraient pas. En effet hors mis les grosses entreprises des télécoms ou encore de l’industrie de transformation minière les potentiels de sortie sont absents, les investisseurs occidentaux surtout les américains n’investissent pas beaucoup hors de leur frontières. Pour les entreprises NTIC les investissements ne sont pas assez élevés pour attirer les fonds contrairement au risque jugé haut. Bref la solution serait d’avoir des fonds localisés avec des investissements moyens et des solutions innovantes de sortie, il faut regarde ce qui se passe du coté de: The iHub, Nailab, Limbe Labs, Appfrica Labs, Banta Labs
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Entièrement d’accord avec ton analyse. Et j’irais même plus loin.
Au delà des faiblesses du porteur de projet, du marché ou du produit, je pense que l’autre plus grand obstacle rencontrés par les fonds d’investissements étrangers est l’absence, ou la faiblesse du cadre juridique/légal adéquat. Tu as beau avoir une équipe compétente, un produit innovant et prometteur… les gouvernements africains, minés pas la corruption, l’amateurisme, et l’inconscience n’offrent pas suffisamment de garanties faces aux risques externes à l’entreprise (pillage, vols, détournements…).
Comme tu dis, la solution serait de créer des fonds locaux, qui intègres tous ces paramètres dans leurs évaluations des risques. Mais au final, les taux de rendement exigés par ces capital-risqueur ne seraient pas très différents de ceux exigés par les étranger.
Je ferai remarquer que nous avons aussi des capital-risqueurs locaux, ce sont les tontines.
Je crois que localement le cash est là et disponible (celui qui a déjà compté les bouteilles de champagne sur les tables d’un circuit au mboa voit de quoi je parle). C’est juste que les gens sont frileux, très frileux, parce que “le risque” est plus grand.
Et c’est comme ca que le ROI peut être phenoménalement élevé aussi, quand le projet marche. T’as des tontines qui te font du 40% de ROI comme un jeu.
Aussi, il faut que nous apprenions à cultiver plus notre côté fourmi et laisser un peu ce détestable côté cigale et m’as-tu-vu?, c’est-moi-que-je-suis-un-bao, c’est-moi-que-j’ai-les-4×4-dernier-cri-même-si-y’a-pas-de-route-où-rouler!!.
@Neo,
Concernant l’Afrique Francophone l’OHADA a reglé pas mal de choses, les zones franches sont largement reglémentés et protégés, ce sont les riques extérieurs qui posent problemes en effet (coupures électriques, d’eau etc…) J’insiste aussi sur les sorties locales qui par exemple peut mettre 20K$ pour acheter Kerawa ou Camerborn au cameroun, c’est la le vraie probleme les mécanismes de sortie….
@Eddy,
Le cash est disponible en effet et l’investissement de proximité et familiale (tontine) marche tres bien dans certains secteurs mais pour ceux auxquels je fais allusion, je pense qu’on ne peut pas trop faire appel à elles pour financer l’industrie ou les entreprise du secteur web/ntic. Mais la reflexion vaut la peine d’etre ménée il y’a surement des solutions comme un fonds/tontine alimenter par des entrepreneurs…
Super Article et super Infos que je ne connaissais pas, ce n’est pas mon domaine mais on sens que vous connaissez bien le Votre en tout cas !
En Tout cas, j’ai bien apprécié de lire cette article, Merci
je reviendrais lire la suite surement !
Bonne continuation.
J-luc