J’inaugure cette semaine une nouvelle rubrique intitulée “le livre de la semaine”. Il s’agit de partager avec vous mes lectures et les idées ou réflexions que j’en tire, dans la droite ligne de la ligne éditoriale d’Africa 2.0. Nous commençons donc par le livre polémique d’Omar Ba: Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus chez Max Millo.
“Je veux faire comprendre aux jeunes d’Afrique que cette Europe ne vaut pas de risquer sa vie, car on y vit, comme partout ailleurs, avec des souffrances, des impasses et des échecs récurrents.”
C’est ainsi que l’on peut résumer le livre qui a soulevé une vaste polémique ces derniers mois sous prétexte que l’auteur n’aurait pas vécu tout ce qu’il raconte dans son livre. Je vous conseille de faire une recherche pour voir le nombre d’articles, de posts et de débats sur les forums sur Internet. L’auteur s’est même fendu d’un droit de réponse. Au lieu de m’attarder sur son indélicatesse, je vais plutôt vous parler de ce que j’ai aimé dans ce livre car je l’ai aimé: il est frais, il donne envie de continuer le combat d’une Afrique digne.
Omar Ba y raconte quelques tristes vérités comme lorsqu’il raconte comment une entreprise sénégalaise fait venir des ouvriers de l’Ouzbékistan pour travailler dans ses plantations alors qu’il y’a des sénégalais qui sont au chômage (p48).
Continuons avec cette citation qu’il emprunte à Albert Tévoédjrè, ancien Ministre béninois. Ce dernier est “effaré de constater que dans de nombreux pays du Tiers Monde, des cadres potentiels formés non pas à l’époque coloniale, mais actuellement connaissent encore mieux le mistral que l’harmattan, passent de longues heures à l’étude deu relief karstique et restent presque ignorants des problèmes posés par l’érosion, la pédologie tropicale et le processus de latérisation”
Omar continue disant que “tous les espoirs des habitants du continent sont portés sur l’extérieur, au sens large du terme. Le continent noir ne retient plus personnes et plus personne ne tient à lui”. J’ajouterai même surtout dans la diaspora. Des exemples comme ceux là il y’en a la pelle concernant l’éducation, l’agriculture, le développement, l’influence de l’internet etc.
Toutes les solutions, idées que proposent Omar ont été oubliées et personne n’en parle alors. Et pourtant il y’a des pistes intéressantes.
Education
Il faut réfléchir à un système d’enseignement qui prenne en compte, les préoccupations économiques, sociales et politiques de l’Afrique. Il faut des programmes d’enseignement qui s’illustrent par leur caractère autocentré. Il faut réfléchir sur des nouveaux contenus éducatifs qui cessent d’”entravertir” les élèves africains. Il y’a quelques temps sur un forum je disais exactement la même chose. Je proposais même de faire découvrir nos pays nos régions à travers des échanges obligatoire entre élèves.
Développement
Le développements n’est pas le stade ultime de la marche des nations. En Afrique les sociétés sont en retard et non sous-développées pour de bon. On nous a tellement dit le contraire…
Internet en Afrique
Omar appelle à la mise en place des points d’échanges Internet tout en fustigeant l’utilisation d’Internet qui traduit encore un forte envie d’émigration des africains. Selon lui cette technologie qui devrait ouvrir au monde renforce l’aliénation vers l’extérieur. Oh que c’est vrai.
Survivre pour les autres ou rentrer dans la honte
Là on aborde la problématique du retour des membres de la diaspora qui préfèrent vivre ici sans rien au lieu de rentrer apporter leur expérience au service de la nation. Les exemples que Omar retient sont très parlant. Ca commence à la page 148.
Omar parle aussi de l’arrogance des diplômés africains d’Europe et propose d’offrir les mêmes conditions salariales aux jeunes immigrés africains. Les 4 milliards de dollars destinés à recruter des occidentaux peuvent aider à employer les immigrés.
Faut-il être blanc pour croire en l’Afrique? l’Afrique n’est pas la poubelle de la planète et d’autres thèmes encore sont abordés dans ce livre que j’ai eu un grand plaisir à lire. Au lieu de faire un procès en sorcellerie à Omar il faudrait peut être commencer à débattre sur les propositions qu’il fait.
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Voici un thème controversée par excellence. Il y’aurait tellement à dire sur le sujet. Mais permets-moi de me concentrer sur deux points majeurs de ton billet:
1. L’éducation
Comme je l’écrivais je ne sais plus où, certes le lionceau et le petit de la panthère doivent tous deux apprendre à chasser, mais ce n’est pas la lionne qui s’occuppe de l’apprentissage de la jeune panthère.
2. Je suis venu, j’ai vu, et je comprends mieux !
Citation: “Je veux faire comprendre aux jeunes d’Afrique que cette Europe ne vaut pas de risquer sa vie, car on y vit, comme partout ailleurs, avec des souffrances, des impasses et des échecs récurrents.” (fin de citation)
Certes un séjour en Europe peut procurer (pas toujours) une expérience interessante, mais par pitié, ne pas venir à n’importe quel prix. Ca c’est ce que je pense en mot for intérieur. Je ne le crie pas sur les toits, parce que je connais la réaction de la plupart des interlocuteurs (mouf, parle pour toi là-bas. Tu as traversé tu ne veux pas que les autres aussi traversent?). J’attends mon retour en terre africaine pour l’ouvrir toute grande.
Nous avons été tellement matés au cours de l’histoire que nous avons fini par intégré les mensonges des autres. Au final, il faut ressusciter l’espoir en demain et surtout la confiance EN SOI! La confiance que nous le pouvons:
- nous pouvons solidifier nos institutions, si nous le voulons.
- nous pouvons créer un état moderne qui parle une langue africaine, si nous le voulons.
- nous pouvons adapter notre programme scolaire à nos réalités, si nous le voulons.
- nous pouvons avoir notre monnaie et la gérer aussi bien que les autres, si nous le voulons.
- nous pouvons maîtriser notre espace geographique (air, terre, mer), aussi bien que les autres, savoir qui rentre, quand il rentre, quand il sort, si nous le voulons.
- nous pouvons accéder nous même à la connaissance. Nous pouvons rechercher nous-même où se trouve la vérité, sans avoir besoin d’attendre que les autres viennent nous raconter leurs sornettes (genre les africains n’ont pas d’histoire)
- nous pouvons rêver et réaliser notre lendemain et celui de nos enfants.
ps. je dois avouer que je n’ai pas (encore?) lu le livre. Mais pas de panique dans le titanic, certes j’arrive toujours en retard, mais je finis par arriver. Je finirai bien par le lire, ce livre.