Elle est espagnole vit à San Francisco, parcourt l’Afrique et est co-fondatrice de Maneno. Elia Varela Serra est notre invitée cette semaine
Les langues africaines sur le web
En Afrique Subsaharienne il y a plus de 2.000 langues, mais malheureusement la plupart n’ont presque pas de présence sur internet. Les experts disent que la globalisation d’internet et les réseaux sociaux favorisent la participation citoyenne et renforcent la société civile, qui est essentielle pour une démocratie en bonne santé. Mais c’est clair qu’il y a une fracture numérique qui, avec la domination de langues comme l’anglais sur le web, devient de plus en plus profonde. C’est pour cela qu’il faut plus de diversité linguistique pour au moins combler la fracture linguistique sur internet. Les nouveaux médias citoyens donnent des outils pour favoriser la participation, mais il y a un danger d’isolement linguistique.
À cause de leur petite présence sur internet, les langues africaines n’ont presque pas de dictionnaires en ligne, des logiciels ou des claviers qui supportent tout le jeu de caractères de beaucoup de langues, etc. Ou c’est peut-être à cause de ces manques que leur présence est si infime… Heureusement il y a des projets comme Kasahorow ou Kamusi qui ont quelques outils comme des claviers ou dictionnaires pour faciliter l’utilisation des langues africaines sur le web.
Mais il y a encore un long chemin à parcourir, puisqu’en plus des défis techniques souvent il y a aussi un complexe d’infériorité par rapport à l’anglais ou le français de la part des usagers et développeurs africains.
Maneno
Maneno est un mot en swahili qui veut dire ‘mots’, et c’est aussi le nom d’une nouvelle plateforme de blogs africains née il y a presqu’un an. Le projet est né avec la volonté d’être utile pour les blogueurs en Afrique avec des connections internet à faible bande passante. Et aussi qui avait la volonté d’être vraiment multilingue, c’est à dire disponible en un maximum de langues africaines et avec une facilité pour traduire chaque billet. On n’a pas trouvé d’autres plateformes avec ces caractéristiques. L’objectif de Maneno est simple: faciliter la participation citoyenne sur le web de blogueurs de toute origine.
Pour l’instant on est 4 personnes dans l’équipe de Maneno, une kényane, un sud-africain, un américain et moi-même espagnole. Mais on va bientôt annoncer de nouveaux membres puisque depuis la création du projet on a voulu avoir une majorité africaine. Et nous espérons donc avoir bientôt plus d’africains francophones dans l’équipe!
Barcamp Africa
Un barcamp est un format de conférence ouverte et spontanée où tous les participants sont des égaux, et qui typiquement parle de choses qui ont à voir avec internet ou la technologie. Le premier barcamp a eu lieu en 2005 dans la Silicon Valley et le modèle c’est rapidement répandu un peu partout dans le monde, y compris l’Afrique en 2008. En octobre 2008 un barcamp a été organisé dans la Silicon Valley, chez Google, pour parler de développement technologique en Afrique, puisqu’il y a beaucoup d’intérêt pour l’innovation en Afrique de la part des États Unis en général et de la Silicon Valley en particulier. Au vu du succès, un site barcampafrica.com a été crée pour servir comme point de rencontre et d’échanges d’idées pour les organisateurs de barcamp partout en Afrique. Depuis quelques mois le site est hébergé sur Maneno et nous en sommes très fiers.
Make Faire Africa
Maker Faire est une foire crée par Make Magazine pour célébrer les métiers artisanaux, le bricolage et les projets scientifiques et d’ingénierie. Le premier a eu lieu en 2006 dans la Silicon Valley (encore!), et tout de suite il y en a eu d’autres dans tous les États Unis. Puisqu’en Afrique il ya beaucoup d’ingéniosité et de créateurs artisanaux, il paraissait logique d’organiser une foire Maker Faire aussi en Afrique. Grâce à l’initiative de gens comme Emeka Okafor (qui travaille pour les archi-populaires conférences TED et blogue sur Timbuktu Chronicles, Nii Simmonds qui blogue sur Nubian Cheetah et Erik Hersman qui blogue sur White African, la première Maker Faire Africa a eu lieu à Accra, Ghana le weekend dernier (du 14 au 16 août) avec un grand succès.
Maneno y a été présent et on a même compilé des liens de plusieurs sources qui ont couvert l’événement sur une page spéciale (malheureusement tous en anglais!).
Développement de l’Afrique
À mon avis, le développement de l’Afrique dépend uniquement des africains. Il y assez de talent, bonnes idées, initiative, etc. en Afrique pour ne pas avoir à dépendre de l’aide étrangère comme jusqu’à maintenant. Il y a des ONG qui font du bon travail, mais l’économiste zambienne Dambisa Moyo a raison quand elle dit que ce dont l’Afrique a besoin c’est le business, des investissements, au lieu de la charité et le paternalisme puisque c’est un modèle qui favorise la dépendance et la corruption et non le développement.
San Francisco
Au cœur de la Silicon Valley, c’est une ville très belle entourée par l’océan et avec beaucoup d’artistes et de passionnés d’internet. Presque tous les jours il y a des événements Tech ou des rencontres intéressantes avec des entrepreneurs web. Mais trop souvent j’ai l’impression que le Silicon Valley ignore ce qui se passe dans le reste du monde et souffre un peu de nombrilisme (à niveau linguistiques, par exemple). Donc il faut les faire descendre de temps en temps de leur petit nuage.
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citation: “mais si c’est lui qui dit ca, ou qui présente des ouvrages ou il prétend l’avoir fait, avant de vérifier, je pars de l’a priori que c’est c’est vraiment prétentieux.” (fin de citation)
Peut-être que je me suis mal exprimé avec cette histoire de concept de base. Cheikh a voulu (dé)montrer je cite: “la possibilité de traduire dans une langue africaine quelconque et en valaaf en particulier, tous les aspects de la réalité du monde moderne”. (Nations Nègres et Culture, 4e edition, p.415)
çàààààààà, Eddy!
Conviens avec moi que ca n’a absolument rien avoir avec ta citation initiale. Dans celle-là, tu nous annoncais qu’il a réalisé un tel travail. Et c’était ça le sujet de mon scepticisme. Je suis rassuré. Loin de moi l’idée de d’injurier des gloires. A chacun les siennes.
Sinon, s’agissant de “traduire”, pourquoi pas? Ou importer aussi? Si oui, on se retrouvera déjà avec une langue à plus de 30% faite d’imports. Est-ce bien raisonable?
- Oui au support des langues africaines (en pluriel !)
- Oui au support des cultures africaines (en pluriel)
- Non au modèle occidental qui veut une seule culture (la sienne !)
- Non au modèle occidental qui favorise la destruction des langues locales
Vive the africain way of life !!!!!!
@Kans,
en tout cas, tu sais toi même que si tu dis du mal de Cheikh et que ca arrive à mes oreilles, il ne te reste plus qu’à réviser tes katas, parce que partout où on se verra, la tchamme déclenchera.
citation: “Conviens avec moi que ca n’a absolument rien avoir avec ta citation initiale” (fin de citation)
Mouais bon. Peuuuut-être que ma formulation n’était pas la plus explicite, mais bon, c’est pas ma langue. Avec une langue africaine ca ne serait jamais arrivé. *ahem*
ahem! ahem! D’où sort ce chat présent dans ma gorge?
@Eddy
Avec une langue africaine ca ne serait jamais arrivé. *ahem*
re-*ahem*.
Citation: “En 2009, ce n’est pas comme si on était en 1325. L’eau chaude a déjà été inventée, le feu aussi et le barbecue par la meme occasion. Donc, oui Eddy, on en est à parler de fission nucléaire. (fin de citation)
On en est à parler fission nucléaire, certes, mais “qui” en parle? Quelle proportion de la population? Tu crois que c’est le débat favori entre le manoeuvre qui va manger son midi au tournedos du coin et la tenanciere?
- (manoeuvre) bonjour asso
- (tenanciere) asso bonjour
- (m) un riz-jazz
- (t) vraiment asso, le jazz n’est pas encore cuit, le réacteur nucléaire m’a laché
- (m) ekie asso, tu as enrichi ton uranium là que comment non?
- (t) asso laisse-moi comme ca, c’est ma petite nièce qui n’a pas fait attention à la masse critique.
- etc, etc
S’il faut adopter l’anglais parce que les avancées scientifiques majeures se font en anglais, alors les italiens, les espagnols, les allemands, pour ne citer qu’eux, doivent massivement se mettre à l’anglais et abandonner leurs langues.
Même les mémés au find fond de leur village (?).
@Kans,
@Etum,
Ahem par ci, re-ahem par là.
kechia avec vous, on ne peut plus se racler la gorge?
Heu, i mean Kans & Ti Aya of course. Ahan, dire que si c’était dans une langue africaine, il n’y aurait jamais eu ce lapsus Etum/Ti Aya.
@Eddy,
Tu dis : “S’il faut adopter l’anglais parce que les avancées scientifiques majeures se font en anglais, alors les italiens, les espagnols, les allemands, pour ne citer qu’eux, doivent massivement se mettre à l’anglais et abandonner leurs langues.”
Non ! C’est pas la question ! Il faut garder ses langues, mais il faut accepter que l’anglais est une bonne “véhicule de communication”. Donc, il faut absolument supporter la langue locale (l’allemand, l’italien, l’hollandais pour suivre tes exemples), mais, en même temps, parfaitement maîtriser d’autres langues et surtout l’anglais. C’est le modèle scandinave d’ailleurs. Et les Hollandais le suivent. Comme leur langue est assez minoritaire, ils maîtrise très bien l’anglais. C’est pas comme les Francais qui n’arrivent pas à tenir, dans un forum international, un discours en une autre langue que du francais !
La lionne
Une phrase d’Eddy n’a pas attiré l’attention à ce qu’il me semble: “une majorité de français ou d’allemands vivent sans même savoir que l’anglais existe”.
C’est là THE POINT. Dire qu’il faut une langue africaine ne signifie nullement que les africains ne doivent apprendre QUE cette langue commune là.
On sait tous que les pays nordiques apprennent l’anglais très tôt à leurs enfants, mais ils ne leur viendraient pas à l’idée d’imaginer ne plus leur apprendre le suédois ou le finnois.
La sédentarisation globale des hommes fait quand même que l’homme interagit le plus souvent avec son environnement proche, qui plus ou moins ne parle que sa langue.
Les grosses villes du Larzac ou dans le fin fond du XinJiang, on ne parle que français ou mandarin; ça n’empêche pas ces pays d’être ouvert sur le monde.
D’autre part, la disparition des langues africaines ne se fera pas sans perte. On perdra des notions socioculturelles qui font finalement l’identité historique des peuples.
Si les français voulaient tous parler anglais, il ne saurait pas dire “vouvoiement”, car c’est une réalité qui n’existe pas en anglais.
Il existe des différenciations que les jeunes africains ne savent plus faire en français, et qui existent pourtant dans les langues nationales.
Il y’a des choses qu’on traduit péniblement par “Tu attaches la bouche avec qui?” alors qu’en langue locale, tout le monde comprend aisément et il y’a même un verbe pour cela.
Les exemples sont légion, je ne vais pas m’attarder dessus, tout le monde a compris. Les exemples ne sont pas ce sur quoi s’appesantir, mais sur l’idée que je mets en évidence ici.
Je considère qu’avoir une langue qui transporte dans le temps ce patrimoine là, c’est important. Le développement, ce n’est pas seulement technologiquement et scientifiquement, c’est aussi pouvoir transporter ses bagages culturels dans le temps, et transmettre le témoin aux générations futures proprement. Ce que nous ne ferons pas.
Nos langues peuvent parfaitement absorber les concepts non encore existants. Dans les villages les plus reculés, tout le monde sait dire “voiture”, “allumette”, “hopital”, “docteur”, “piqure”, “papier”, “tomate”, etc… Quand un concept n’existe pas encore, la langue le crée, car une langue, ça naît, ça vit, et on fait pas attention, ça meurt.
Au Sénégal aujourd’hui, la RTS est en Wolof tout le temps. Les meetings politiques y sont en wolof, les élèves parlent Wolof dans les cours d’école. Il ne me semble pas que ça pose un problème particulier pour apprendre le français ensuite, tout comme le scientifique français apprend l’anglais avant d’atteindre scientifiquement son asymptote horizontale.
Maintenant, il y’a une question de volumétrie qui s’est posée. Celle de dire qu’à l’époque de Gauss, le volume des connaissances n’était pas aussi important qu’aujourd’hui. Si le constat est vrai, celui selon lesquels le temps de traduction est donc linéaire ne me semble pas correct.
Ce n’est pas parce qu’on a 1 milliard de fois plus de données qu’il faut 1 milliard de fois plus de temps. L’évolution technologique a rendu tout ceci en progression quasi-logarithmique, ce qui est quand même mieux. Il faut à peine 9 fois plus de temps.
Mais, il faudrait un autre post pour ça, le sujet me semble trop intéressant pour végéter sous un article qui n’a rien à voir..
@oniN,
Comme chez toi c’est fermé là tu peux venir écrire ici lol. Ton commentaire n’est pas hors-sujet car maneno.org défend les langues africaines.
[Extrait]
@Eddy
Quelle que soit la discipline que tu prends (mathematiques, physique, chimie, geographie), il y’a un noyeau d’enseignement, qui tient dans même pas 10 encyclopédies. En même pas 5 ans on a traduit les bêtises.
So, that’s the point. Le jour où tu te rendra compte combien ceci est loin d’être vrai, je parie que tu reviseras ta position.
[Fin de l'Extrait]
@Ti Aya,
dans le monde germanophone il y’a un ouvrage de référence en mathématiques, le fameux bronstein. Tu peux me prendre n’importe quel thème relevant de l’enseignement mathématique de base (jusqu’à niveau maitrise), que ce soit en arithmetique, fonctions, géometrie, algèbre linéaire, calcul différentiel, séries infinies, calcul intégral, équations différentielles, analyse, analyse vectorielle, calcul de probabilités, systèmes dynamiques et chaos, optimisation, maths numériques, etc, je te dis à quel page tu le trouves dans le Bronstein. Et ce Bronstein ne fait qu’environ 1100 pages. Ok, c’est écrit en petits caractères, mais ca ne change rien à l’affaire.
Alors oui, je prétends et maintiens que “il y’a un noyeau d’enseignement qui tient dans meme pas 10 encyclopédies”.
Et la question n’est pas “qui va faire ci, qui va faire ca?”, ou bien “ooh ca c’est dur, ooh ci c’est cailloux”. La question c’est le principe. Adoption d’une langue unique ou pas? Si ce principe est majoritairement adopté, ce n’est pas traduire deux feuillets et trois croquis de rien du tout là qui va nous dépasser.
errata: adoption d’une langue de travail unique. (la precision est importante)
,oniN@
c’est exactement cela.
Je ne voudrais pas faire mon lourd, mais je tiens quand même à rapeller quelque chose.
Nos “braves” colons se sont empressés de traduire la bible dans nos langues africaines. À ce moment là, personne n’a trouvé que nos langues n’étaient pas à même de traduire des concepts “avancés”.
Mais quand il faut traduire la connaissance, subitement elles redeviennent primitives, soit-disant incapables d’évoluer.
Yesu Kristo meu ressuscité! Allelujah!
Bon ca va, je sors =>
tu sors “dehors” ou bien tu sors Yesu Kristo?

Fais gaffe que les extremistes religieux ne te fassent pas ta fête hein, parce que ca sent la carricature de Yesu Kristo.. !!
En tout cas, tu pourras toujours crier à l’aide en francais..
@Eddy,
Tu as tout compris ! Les missionaires savaient très bien qu’il fallait parler la langue de leur “cibles” pour mieux leur laver la tête. Ton exemple démontre très bien que la langue est très souvent un moyen de politique. Ou même une arme. Voir la francophonie !
C’est par ses paroles qu’on rentre dans les pensées de quelqu’un d’autre !
La lionne
Qui a traduit la Bible en langue africaines?
Les missionnaires mais avec l’aide d’autochtones qui souhaitaient partager la bonne parole qu’ils avaient reçu. Cette bonne parole n’est d’or que pour celui qui y croit.
Avec les sciences il n’y a pas cet esprit de partage.
Le savoir c’est le pouvoir. Les africains ne veulent pas partager leurs connaissances ils veulent en jouir.
Il est facile de jeter la pierre sur les autres combien de scientifiques africains ont réalisé des campagnes d’instruction dans leur village pour “scientifiser”(par analogie avec évangéliser) les leurs?
Cheikh Anta Diop a écrit un livre sur les cultures africaines youpi!
Mais il faut que j’apprenne et que je comprenne les subtilités phylosophique du français pour le lire même en wolof, il y a t il une version de son livre?
C’est comme pour la monnaie il est plus facile actuellement pour un camerounais de changer ses sous en euros que de les changer en CFA de l’afrique de l’Ouest.
Qui doit changer la donne si ce n’est nous les africains. Les autres font ce qu’ils ont à faire ils en profitent.
Combien de fois n’ai je pas entendu des mamans africaines s’exprimer fièrement ainsi(surtout au Cameroon);
“Mon fils est instruit il parle l’anglais, le français, l’espagnol et l’allemand”.
Dans l’éducation qu’elles ont transmises il n’y a pas la langue de leurs ancêtres. C’est par là que ça commence.
Citation
Combien de fois n’ai je pas entendu des mamans africaines s’exprimer fièrement ainsi(surtout au Cameroon);
“Mon fils est instruit il parle l’anglais, le français, l’espagnol et l’allemand”.
Dans l’éducation qu’elles ont transmises il n’y a pas la langue de leurs ancêtres. C’est par là que ça commence.
Fin de citation
Ce sont les conséquences de plusieurs choses….
@Etum,
Mais c’est pas évident deh!
lol
citation.: “Dans l’éducation qu’elles ont transmises il n’y a pas la langue de leurs ancêtres. C’est par là que ça commence.” (fin de citation)
Les gens sont formidables ici. Mai’nant les conséquences de la colonisation sont à imputer aux colonisés?
On a passé le temps à dire et redire à nos parents et aux parents de nos parents qu’ils devaient embrasser et les langues et les us et coutumes du colon, parce que les langues et us et coutumes africaines rélèveraient de la barbarie. Les plus reticents ont connu le fouet.
Et toi tu te plains de mères africaines heureuses qui estiment que leurs enfants sont arrivés parce qu’ils maîtrisent les langues du blanc?
You are not serious, are you?
@Eddy,
Toujours victime au 21ème siècle?
tu attends que se soit le colon qui t’apprenne la langue de tes ancêtres?
Je ne vais pas rentrer dans ce débat sinon je vais me faire des ennemis.
Quand je dis aux gens que je ne mange pas “chinois” ils me répondent que je suis pas ouvert/openmind etc… alors je réponds le jour où je vais voir un chinois manger le Ndolè ou un bon plat du pays Bamoun je vais dire OK. Tout ca pour dire que c’est une question de combat culturel, la plus rusée gagne. Selon certains les autres c’est tjrs mieux que nous, je dis nada. On born hors du Cameroun on fait manger à nos enfants tt sauf notre propre nourriture, on parle francais à la maison, etc. Apres on s’etonne…
@Etum,
Hum! Terrain glissant.
Je vais faire comme Kans je sors
@observateur,
Tu sors? non il faut rester à force de fuir le débat on ne s’en sort pas.
Les mères africaines peuvent être très fiers car leurs enfants qui parlent les langues des blancs parlent AUSSI les langues de leurs ancêtres ! Et c’est très bien ainsi ! Et si ces enfants transmettent ces langues à leur propre progéniture même loin du Continent, le combat est gagné. Car, je me cite, la langue est la clé pour la culture. Si tu transmettes ta langue tu transmettes aussi ta culture (même en partie, mais c’est pas grave).
@Etum, ne sois pas étonné : Le Chinois risque de manger la bouffe de ton frère bamoun. Mais ca ne veut rien dire ! Il va apprendre à parler le bamoun (pour le moment, le Chinois commence avec des brins de francais, lol). Mais ca ne veut rien dire non plus ! Car c’est la stratégie. Le Chinois qui apprend le bamoun a compris que la langue est la clé pour la culture. Ca rentre dans la stratégie tout ca…
@observateur, regarde un peu comment la francophonie marche. C’est une arme politique ! Ne ferme pas les yeux.
La lionne
@Etum,
Là où tu pars là à mon sens est un autre débat.
@la lionne,
là est tout mon propos actuellement elle ne transmettent plus leur langue.
On peut faire tes thèses à n’en plus finir sur ce que la colonisation a eu comme impact sur nous et dénoncer sans fin les différentes stratégies que les autres races utilisent pour garder le contrôle, à mon sens le plus important est notre stratégie intrinsèque pour s’en sortir.
Pour ça il y a un travail à faire il faut certes connaître le passé mais également savoir comment nous africains sommes réellement aujourd’hui comme rendre cet état uni et fort se définir une stratégie pour améliorer notre état futur ce sont nos actions dans le présent qui détermine le futur.
Citation: “@Eddy, tu attends que se soit le colon qui t’apprenne la langue de tes ancêtres?” (fin de citation)
La question c’est pas les colons qui doivent venir nous apprendre nos cultures ou pas, la question c’est que du fait du passé colonial, certains d’entre nous dévalorisent la culture locale, qui semble-t-il, est arriérée et sauvage, comme le leur a martelé le colon des décenies durant.
Citation: “Toujours victime au 21ème siècle?” (fin de citation)
J’adore bien rigoler de ce genre de proses philosophiques de futurologues éclairés.
Après une fracture de la jambe, il faut une rééducation pour pouvoir réutiliser sa jambe.
Après la 2e guerre occidentale en 1945, les etazuniens ont mis sur pied un programme de dénazification en Allemagne, pour essayer de défaire ce que plus d’une 10aine d’idéologie avait mis dans les têtes.
Mais selon nos philosophes futurologues, 80 ans de colonisation et de discours colonialistes se sont évaporés dans la nature et ont aussitôt disparu de nos tête en 60 quand on accédait à nos pseudo-indépendances. Abracadabra, piff pouff envolé, du jour au lendemain.
Je t’invite à ouvrir le petit robert, ou tout autre dico de ton choix et de jeter un coup d’oeil à un mot très simple: conséquence.
@Eddy,
La dénazification de l’Allemagne était un peu autre chose. C’était pas une “lavage de cervelle”. Cette lavage n’a pas vraiment eu lieu, ce qui fait que les Allemands, juste après la guerre, ont simplement “oublié” et ont recommencé une nouvelle étape. Cet oublie n’était pas bien du tout ! Et c’est uniquement la génération née pendant et surtout après la guerre qui a fait un travail de conscientisation nécessaire et qui avait dit “plus jamais ca !”.
Concernant l’Afrique, je suis 100% d’accord avec tes propos. En Afrique c’est plus compliqué car ce travail de conscientisation doit prendre en compte quelques siècles et pas uniquement des dixaines d’années. Et, encore plus difficile, une lutte politique et économique contre les puissances coloniales toujours impliquées serait nécessaire. Il ne sert à rien de minimiser les conséquences morales de la colonisation et la néo-colonisation comme quelques uns aiment le faire. Donc, j’aime bien ta phrase : <> Well said !
La lionne
P.S. j’espère que vous comprenez ce que je veux exprimer, je radote un peu ces jours-ci…
@lionne,
pourquoi tu radotes ma chérie? Dis-tout à tonton Ed.
en tout cas ton post était très clair. Seuls ceux qui ne veulent pas comprendre ne comprendront pas.
@Eddy,
Comme tu as vu La Lionne tu attaques non? lol
@Etum,
ekie, où tu vois l’attaque? Je m’enquiers juste de la raison de son radotage. Si c’était l’attaque, c’est que j’aurais déjà envoyé l’orchestre sous sa fenêtre avec l’invitation pour un weekend à l’air pur et vivifiant de la montagne.
@Eddy,
Continues lol.
@Eddy,
“La question c’est pas les colons qui doivent venir nous apprendre nos cultures ou pas, la question c’est que du fait du passé colonial, certains d’entre nous dévalorisent la culture locale, qui semble-t-il, est arriérée et sauvage, comme le leur a martelé le colon des décennies durant.”
Cela je ne le nie pas au contraire il faut en tenir compte en avoir conscience, parce que sans cela il est difficile de comprendre le présent de nos états africains mais le plus important pour moi sont nos actions présentes pour nous reprendre en main, la volonté qu’on y met pour qu’elles soient efficaces.
“Après une fracture de la jambe, il faut une rééducation pour pouvoir réutiliser sa jambe.”
C’est clair. Mais la rééducation est efficace lorsqu’il y a volonté du malade. La première force est celle qui vient de celui qui a la jambe cassé
“Après la 2e guerre occidentale en 1945, les etazuniens ont mis sur pied un programme de dénazification en Allemagne, pour essayer de défaire ce que plus d’une 10aine d’idéologie avait mis dans les têtes.
Les USA étaient les gagnants ils pouvaient imposer leurs conditions pour éradiquer le nazisme. Cet exemple ne peut s’appliquer à nos états nous ne sommes pas les gagnants jusqu’à aujourd’hui on suit, mais cela ne doit pas nous empêcher de lutter contre les fortes influences occidentales se sera plus long certes mais c’est possible.
“… 80 ans de colonisation et de discours colonialistes se sont évaporés dans la nature et ont aussitôt disparu de nos tête en 60 quand on accédait à nos pseudo-indépendances. Abracadabra, piff pouff envolé, du jour au lendemain.”
Eddy, je sais tout ce qu’on a subit et tout ce qu’on continue de subir malgré la décolonisation le livre de Cheikh Anta Diop je l’ai lu.
Mais je suis plutôt pour l’action c’est à nos nations d’agir pour que les choses changent parce que nous sommes les seuls à savoir ce qui peut être bien pour nous.
Je suis pour toutes les initiatives positives et constructives qui émanent de nous chez nous parce que pour moi se sont les celles à être efficaces pour nous.
“conséquence:
Suite qu’une action ou un événement peut avoir.”
Les conséquences de la colonisation sur nous ont été profondément destructrices ça c’est indéniable mais cela ne doit pas nous empêcher de se remettre en question, d’adopter des comportements et entreprendre des actions pour que cela ne se reproduise plus d’une part et pour avoir son mot à dire dans ce monde d’autre part.
Si nous reprenons le cas de la non transmission de la langue ou le fait que certains renient leur culture même si elles sont la conséquence de la colonisation, contribuent à la destruction de nos cultures et nous fragilisent le fait de les dénoncer ne veut pas dire qu’on nie les causes qui ont mené à ça.
Maintenant selon moi il est également important de définir ce que sont réellement les cultures africaines aujourd’hui. Parce qu’il est impossible à l’heure actuellement de vivre comme le vivait nos ancêtres.
Donc certains paramètres issue des influences(brutales ou douces) n’en déplaisent à certains doivent être intégrer à nos cultures.
Dis moi Eddy dans tout ce que tu entreprends pour toi de quoi tiens tu comptes en premier?
@La Lionne,
“En Afrique c’est plus compliqué car ce travail de conscientisation doit prendre en compte quelques siècles et pas uniquement des dixaines d’années. ”
Effectivement
“Et, encore plus difficile, une lutte politique et économique contre les puissances coloniales toujours impliquées serait nécessaire.”
Inutile parce que selon moi elle est perdue d’avance. Nos systèmes politiques et économiques actuels sont faibles et sont l’héritage de la colonisation, le colon garde l’avantage ce terrain il le maîtrise et le contrôle.
Seul un système créé par nous et pour nous, nous permettrait de nous en sortir.
” Il ne sert à rien de minimiser les conséquences morales de la colonisation et la néo-colonisation”
Personne a mon sens ne peut minimiser les conséquences physiques et morale que l’Afrique a subit.
Ce continent est comme une jeune, et jolie fille pleine d’avenir qui a été violée défigurée et profondément démantelée à en devenir partiellement amnésique.
Elle est selon trop affaiblie et désunie pour mener efficacement une bataille contre ses aggresseurs.
Chez moi on dit souvent:
“personne ne ya mo’ ici dehors tu prends ta part d’handicap et tu fais avec pour tcha ta part de soleil”
traduction:
la vie n’est facile pour personne ceux qui s’en sortent sont ceux qui surmontent leurs handicap.
Elle a son lot d’handicaps mais ne doit pas en restée couchée elle doit se débrée(debrouillée) pour avoir sa part de soleil parce que sinon la seule chose qu’elle obtiendra des autres sera le mépris et la duperie.
@Etum,
Musango mu bè pè na wa!(duala)
Que la paix soit avec toi également
Bonjour les garcons, ca devient de plus en plus clair : Eddy et l’observateur ne pensent pas si contradictoire. J’aimerais vous citer Patrice Nganang, mon auteur préféré :
“Inscrire notre futur dans la seule dimension occidentale est une abdication.”
” La véritable défaite de l’Afrique aujourd’hui c’est sa profonde incapacité à s’imaginer sans l’Occident.”
“Si nous n’inventons pas l’Afrique, nous laissons la place aux Occidentaux qui depuis des centaines d’années l’inventent déjà à notre place. Si nous n’inventons pas l’Afrique, nous laissons la place à leur <> qui nous a exclus si longtemps !”
Patrice Nganang, il a raison, non ? Mes citations sont de son dernier livre intitulé “La république de l’imagination” dans lequel il s’adresse à son petit frère pour lui faire comprendre qu’il ne faut pas émigrer en Occident mais rester en Afrique. A lire, mes chéri(e)s !
A mon humble avis, il s’agit moins d’un rédefintion des cultures africaines mais d’une révalorisation. Et ca c’est pas si compliqué si l’on les compare avec les cultures occidendales. Il faut juste savoir ce qu’on veut et où on veut aller. Et puis se demander si les cultures occidetales ont des avantages oui ou non. Et je vous dit NON ! Souvent, j’ai l’impression que l’Occident est comme une manège d’une fête populaire : tout le monde s’amuse, tout le monde crie, mais avec un petit défaut, le manège déraille et tout le monde serait jeté dehors. (Vous me suivez ?) Voilà. Est-ce vraiment favorable de vivre ainsi ? l’Europe et ses cultures ést menacée de ruine, la décadence vous sourit tout les jours !
Concernant l’économie pareille. Les Africains doivent se demander ce qu’il veulent : suivre le modèle occidental ou créer autre chose. Et là, c’est un bon moment maintenant. Now or never ! Parce que, avec ces Chinois, l’Afrique aurait une bonne position. Car, au lieu de se faire bouffer par les Chinois qui se comportent comme de prires colons, les Africains auraient la chance unique de dicter les conditions à TOUT LE MONDE ! Malheureusement, c’est pas le cas. Mais je vous garantie que les peuples ne vont pas accepter éternellement. On ne peut pas se faire prendre ses terrains par des Chinois sont se revolter !
Et c’est à la jeune génération, ceux qui ont connu les forces et les faiblesse de l’Occident, de définir ce qu’ils veulent pour le Continent. Et non ces gens là qui ne sont que les marionettes de l’Occident…
Vive the Africain Way of Life ! (C’est de moi, vous pouvez me citer, les garcons ! lol)
Africa is the Future ! (C’est pas de moi mais également vrai)
Bises
La lionne
qui radote toujours un peu…
Dans la citatition de Patrice Nganang entre paranthèse il manque le mot “africanisme”. Sorry
La lionne
(Je vous ai prévenu : je radote) lol
@La lionne,
Merci pour ce billet il épouse mon propos
et une phrase retient mon attention
” La véritable défaite de l’Afrique aujourd’hui c’est sa profonde incapacité à s’imaginer sans l’Occident.”
Ceci est plus que vrai pour les nations africaines francophone. Certaines nations de l’Afrique anglophone comme le Nigéria ou le Ghana on déjà dépassé ce stade.
“Patrice Nganang, il a raison, non ? Mes citations sont de son dernier livre intitulé “La république de l’imagination” dans lequel il s’adresse à son petit frère pour lui faire comprendre qu’il ne faut pas émigrer en Occident mais rester en Afrique. A lire, mes chéri(e)s !”
@La lionne je ne sais si il a raison en attendant lui vit aux USA. Un autre adepte du;
“faites ce que je dis pas ce que je fais”
@observateur,
oui, oui, je sais que Patrice habite aux USA ! C’est ce qu’il dit aussi dans ce livre. D’ailleurs, c’est un peu à la mode : les Africains de la diaspora incitent les restants de ne pas croire aux merveilles occidentaux ! lol
Moi, j’avais écrit un texte provacatif la-dessus il y a des années en m’adressannt à la diaspora en Europe. Malheureusement, ce billet est perdu, je ne le retrouve plus. C’est dommage, j’en pleure depuis quelques jours.
La lionne