Une fois n’est pas coutume lepetitnegre, LPN pour les intimes
, quitte son espace familier pour dépanner Etum du côté d’Africa2point0.com. Avec pour exercice imposé par ce trublion, trouver un angle d’attaque original et subversif à souhait pour ses lecteurs. Etum n’est pas allé par 4 chemins et les mots qu’ils m’a forcé de conjuguer ensemble sont plus compliqués qu’il n’y parait. Mais le challenge vaut la peine d’être relevé et lepetitnegre, c’est mon petit nom, s’apprête à le faire.
Spectacle du bled en Europe
La semaine dernière je me suis retrouvé coincé dans une salle bondée au fin fond de la Flandre (une région belge ou l’ethnie dominante les flamands ne parle qu’en flamand ndlr) à 16h de l’après-midi. Et là, j’ai assisté au spectacle d’une chorale d’enfants qui pendant près d’une heure, a chanté des chansons du folklore flamand et du monde, dirigé par un blédard adopté répondant au doux nom de Tim DeVolder.
Tim DeVolder est un showman/businessman et son concept, très bien rodé, est très simple. Il parcourt toutes les écoles flamandes à la recherche de jeunes talents. Avec l’accord des écoles et des parents il fait monter les jeunes qu’il a repéré sur scène et, spectacle après spectacles, il sélectionne parmi les enfants ceux qui ont vraiment un don pour le chant et enregistre avec les heureux élus finalistes, un CD.
Sa communication est incroyable, ce blédard à tout du professionnel. A la façon dont il mène son spectacle, l’interaction qu’il a avec les parents des enfants mais également avec le restant de l’assemblée, on voit qu’il a tout compris du business de l’entertainment.
Dans ses gestes, comme dans ses paroles, aucune place à l’improvisation existe. Une des jeunes chanteuses a eu un évanouissement du probablement à la chaleur. En professionnel, il l’a secouru et a continué son show comme si de rien n’était, mais, en fin de spectacle, il n’a pas manqué d’aller s’enquérir de l’état de santé de sa jeune choriste.
A la sortie du spectacle, les CD de ces précédents enregistrements étaient présents, et ses des spectateurs conquis qui se sont rués pour acquérir sur le champs sa copie du CD pour la modique somme de 15 euros. Je ne l’ai pas mentionnée mais le ticket d’entrée était fixé à 15 euros, également. Ce jour là, Tim DeVolder a réalisé le spectacle idéal que je rêve de voir mes amis blédards réaliser en Europe… sans les jeunes choristes qui chantaient faux bien évidemment
.
Bled
Au lancement de mon blog, je parlais d’africains, de noirs, et parfois même, de nègres, mais très rapidement avec mon comparse MastaP, que je salue au passage, nous nous sommes retrouver devant le mur des limitations de l’exercice et nous avons introduit le concept du bled et son unité d’organisation, le blédard. Car pour lui, comme pour moi, les termes que nous utilisions étaient jusqu’alors, trop réducteurs dans certains cas ou trop généraux dans d’autres, alors exit l’africain et bienvenue au blédard.
Être blédard c’est l’antithèse d’être nègre, je devrais d’ailleurs troquer mon surnom pour le petit blédard, mais à l’époque j’étais jeune et naïf et je ne savais pas
. Être blédard c’est reconnaitre d’où l’on vient, ni plus ni moins. Exit l’envie de se développer via notre culture qui serait plus originale ou plus intéressante qu’une autre. Exit l’idée d’envisager une quelconque différentiation exceptionnelle qui ferait du blédard un être particulier. Non, vous et moi nous sommes juste des blédards parmi tant d’autres. Et le bled, alors, qu’est-ce que c’est? Ce n’est qu’un lien intangible qui nous relie tous et toutes à un lieu commun. En ce qui nous concerne, c’est l’Afrique, mais limiter le bled à l’Afrique ce serait réduire le bled à un espace unique. Alors qu’il existe autant de bled qu’il y a de lieu commun et qu’un blédard est toujours un blédard quelque soit son origine génétique ou culturel.
Problématique du retour
Récemment, un ami est venu me rendre visite du bled et il m’a demandé de but en blanc ce que je faisais encore en Europe. Il me dit qu’au bled, il fait beau toute l’année, que j’ai les compétences pour obtenir facilement un poste bien en vu dans le privé. Et, cerise sur le gâteau, il me promet de travailler comme un expatrié dans mon propre pays. Bref il me vante le fait que j’aurais une meilleure hygiène de vie au bled qu’en Europe. Sincèrement, je pense que mon ami a probablement raison. Je gagnerais peut-être moins bien ma vie à travail équivalent au bled, mais les avantages sont tellement nombreux que cette perte somme toute relative de pouvoir d’achat ne devrait pas me décourager. Alors pourquoi je ne rentre pas ?
Il existe 1001 raisons que je pourrais invoquer ici pour refuser de répondre à cette question. Je pourrais parler des raisons politiques ou économiques, mais ce serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle que de me reposer sur ces sempiternelles arguments. Non, je vais peut-être en choquer plus d’un mais voici ma vraie raison est la suivante: Je n’ai pas/plus d’attache émotionnelle suffisamment forte avec le bled pour y rentrer et y travailler. Comment, cela vous choque ? J’en suis fort aise.
Je trouve trop facile le prétexte des personnes bien pensantes qui s’obligent à trouver des raisons toutes plus superficielles les unes que les autres pour ne pas rentrer ou pour expliquer leur échec dans leur tentative. Suis-je d’origine africaine ? Oui. Suis-je fier d’être africain ? Oui. Ai-je envie de voir l’Afrique se développer. Deux fois oui. Mais je ne suis plus qu’un simple africain. je m’estime avant tout citoyen du monde et un blédard. Et en tant que tel, où que je sois et quoi que je fasse, je serais toujours fier d’être un blédard. Je serais le premier à me lever et à défendre mes frangins blédards. Si mes conseils sont utiles et/ou censés et qu’ils permettent à d’autres blédards d’évoluer positivement je serais le plus heureux des hommes, mais n’attendait pas de moi que je rentre pour remplir une mission qui n’est pas ou plus la mienne. Ma mission est égoïstement de vivre ma vie le mieux que je peux. Et si pour cela je dois renoncer à mon retour au bled, je le fais sans état d’âme car ce n’est pas une renonciation, non c’est un choix.
La Chine en Afrique
Sérieusement parlant, je n’ai rien à dire sur la présence de la Chine en Afrique. Si je devais réellement me pencher sur la question, je féliciterais les chinois. Parce qu’il faut savoir reconnaître la défaite, voici des blédards made in extrême orient qui ont réussi là où nous même avons échoué il faut bien le reconnaître. Les chinois ont décidé de se développer en reprenant tranquillement les marchés abandonnés par les occidentaux au bled. Résultats des courses ils sortent grandis ou du moins plus riches, les occidentaux se retrouvent un peu hors du coup et les africains, ils sont simplement passés de Charybde à Scylla.
Non, sérieusement il n’y a que le président Wade pour se féliciter de se genre de situation. Au lieu de chercher à créer des champions continentaux 100% blédard, l’Afrique a développé l’art de se retourner vers l’extérieur pour choisir avec peu de discernement son prochain bourreau. Aucun échange technique ou technologique à la clé, rien. Il y a sans doute des couacs à l’allumage chez nos nouveaux bourreaux chinois mais dans l’ensemble, c’est un parcours sans faute qui devrait sérieusement nous faire réfléchir quant à notre réelle place dans le monde.
Démocratie en Afrique
Etum a vraiment envie que j’écrive un roman et pourtant j’essaie de mon mieux d’être bref dans mes propos. Pourquoi vouloir me faire dire des choses nouvelles sur la démocratie qui n’ont pas encore déjà était dites par des personnes plus censés que moi et à la plume plus incisive que mon clavier.
Le problème en Afrique ce n’est pas la démocratie en soit, mais les personnes chargées de l’exercer. Si je devais faire une parallèle, je dirais que la démocratie c’est comme le poker. Pour bien y jouer il faut bien connaitre les règles et quelque fois savoir tricher, mais toujours dans les limites du règlement. Le véritable drame chez nous, c’est que visiblement la plupart de nos dirigeants n’ont jamais étaient très bons au poker. Du coup quand leur main est mauvaise, au lieu d’admettre la défaite et de se coucher, en attendant le prochain jeu, ils ont tendance à vouloir ré-écrire les règles. A l’arrivée on obtient un jeu dont plus personne ne connait les règles et en premier lieu les principaux intéressés c’est-à-dire les dirigeants eux-mêmes.
Vous pouvez lire LPN http://www.lepetitnegre.com
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@LPN,
C’est la 1ere fois que je vois une vrai raison de non retour. Toi au moins tu es clair tu dois “nyama” sans jeu de mots lol