Ernesto blogue depuis Dakar au Sénégal. Il est notre invité cette semaine.
Salut à tous les lecteurs d’Africa2point0, je suis Ernesto consultant marketing à Dakar et je rejoins la grande communauté de blogueurs Africains sur la plateforme Africa2point0.
Je dois admettre que lorsque Etum m’a glissé le lien de sa page « la semaine de » j’ai vite été impressionné par la qualité et la diversité des contributions des blogueurs Africains. Tout naturellement je vais parler de sujets qui sont abordés en général dans mon blog.
Je suis e-marketeur et je reçois très souvent des e-mails me demandant si cette discipline est très développée en Afrique. Je suis souvent tenté de dire qu’en Afrique on en est encore à l’ère du Web 1.0 et encore je connais toujours de grandes sociétés d’assurances à Dakar qui font des milliards de chiffre d’affaires mais n’ont même pas encore un site web.
Comment vous appelez cela ? Pour moi c’est du Web 0.0. En réalité, le problème est qu’à un certain niveau le top management des grandes entreprises Africaines est souvent composé de cadres de la vieille école, qui ne comprennent rien aux nouvelles opportunités apportées par le web pour développer son business. Et je m’en rends compte à chaque fois que j’en rencontre un en entretien. Je vous raconte cette anecdote d’un dirigeant d’entreprise à qui j’avais fait une présentation très illustrée sur Powerpoint sur la nécessité d’intégrer les médias sociaux dans leur stratégie de communication. Le bonhomme m’a tout simplement demandé comment on crée un compte sur Facebook. Voila tout le paradoxe de l’Afrique d’aujourd’hui, des décideurs déconnectés et des outils gratuits pour quasiment tout faire.
Récemment une grande entreprise publique m’a contacté parce que sa réputation numérique était catastrophique. Dés qu’on tape le nom de l’entreprise sur Google, on tombe sur des forums ou des blogs qui dénigrent ses services. On m’a demandé ce qu’on pouvait faire et je leur ai fait comprendre que la bonne attitude était plutôt offensive et non défensive. En d’autres termes, il faut publier et communiquer sur le web, sinon d’autres le feront à votre place. Dans un pays comme le Sénégal ou la connexion wifi est dans tous les endroits publics, les gens s’expriment de plus en plus via les blogs et les forums et les entreprises ne sont pas ménagées dans ces plateformes.
A l’heure où on parle de « real time web », avec le succès de service comme Twitter et toutes les applications qui constituent son écosystème, ne pas participer devient suicidaire.
Et même les gouvernements sont débordés par le flux d’informations incontrôlables. La semaine dernière le gouvernement chinois avait décidé de bloquer Facebook, Myspace, Twitter et d’autres plateformes à cause de l’anniversaire du massacre de la place Tienanmen. Eh bien figurez vous qu’ils ont échoué puisque Twitter restait accessible si on utilisait des applications comme Seesmic Desktop ou Tweetdeck. Autre exemple, j’ai appris la mort du président Gabonais sur Twitter bien avant que ce soit publié dans les autres médias. L’information devient accessible en temps réel et le public a compris depuis longtemps que c’était son tour de prendre les commandes. Internet devient une immense caisse de résonnance des bruits de l’humanité.
Voila pourquoi une entreprise qui veut prospérer doit s’y investir avec une stratégie claire basée sur la transparence et l’honnêteté. Une petite PME africaine peut trouver des partenaires étrangers, se faire connaître au delà de ses frontières, surveiller sa réputation et ses concurrents en utilisant Google Alertes, vendre en ligne, créer une communauté fidèle et de la valeur ajoutée pour ses clients à moindre frais.
Voila, pour la première fois de l’histoire du monde contemporain, les Africains ont les mêmes outils que le reste du monde. A nous d’en faire bon usage et d’éviter qu’on connaisse le web africain qu’à travers « le Nigerian Scam ». En bonus de cette modeste contribution, je vous propose de visualiser la carte des médias sociaux du monde qui montre aussi les pays africains ou on se connecte le plus.
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Waouhhhhhhh!!!!!!!!!!!
Brillant, ce tableau de la situation au Sénégal. Ce n’est pas différent au Cameroun.
Mais, le plus grave encore, c’est que ceux sensés jouer les têtes de proues n’y comprennent rien. Je veux parler des responsables des entreprises de presse.
Tu parles de Web 0.0? ils sont à l’ère du transistor
Merci pour la carte frérot
Bonjour Ernesto,
c’est intéressant ce que tu dis ! Concernant les relations publiques il me semble pareille chose pour le e-marketing que pour le marketing “à pieds” (marketing traditionel) : on doit savoir ce qu’on veux et connaitre ses forces et ses faiblesses avant de réagir. Sinon, c’est peine perdue et on risque de perdre de l’argent et de l’énergie. Bref, avant tout il faut établir une vraie conception, puis une bonne stratégie, n’est-ce pas ?
La lionne
C’est un drame. Nous avons à la tête de nos entreprises des cadres de la vieille école, qui désapprennent contrairement à leurs ex-camarades de promo en Occident, et qui sont réfractaires à une innovation qui leur ferait perdre un peu de leur pouvoir.
Dans le cadre du dvpt de Kerawa, j’ai demandé des partenariats avec des médias en ligne camerounais.
J’ai été hyper surpris d’apprendre que pour certains sites, il fallait voir *ça* avec le PCA directement (c’est ce que dit la commerciale contactée).
Non non, ceci n’est pas une blague.
Vos commentaires montrent que la situation est partout pareille en Afrique.Il faut vraiment une nouvelle classe de managers ouverts d’esprit et prompts à adopter les changements du business moderne.Pour être compétitif nos entreprises doivent s’ouvrir au monde puisqu’il y’a des marchés en offshoring et outsourcing à gagner.Prenez l’exemple de l’Inde et vous verrez que ça marche.