C’ est le grand spécialiste de la littérature africaine qui nous livre ses pensées cette semaine. Bonne lecture
Littérature africaine
Que dire ? Que j’aime voguer dans l’univers des lettres africaines. Pourquoi ? J’aime l’idée de découvrir comment l’africain se raconte, la diversité des trajectoires individuels, collectives, pénétrer dans des aires culturels différentes– les réalités de l’Afrique centrale sont souvent très différentes du contexte sahélien… Découverte d’une Afrique plurielle, par des modes de narration, par l’évolution du rapport avec les langues d’écriture passant de l’inféodation des premiers romanciers à l’appropriation voir la destructuration puis la reconstruction de ces langues par la nouvelle génération d’auteurs. Il est extrêmement enrichissant de voir les thématiques progressés l’Afrique précoloniale et le choc de la colonisation, les soleils des indépendances et leurs lots de désillusion, les portraits de dictateur, les heurts en modernité et traditions, l’Afrique en guerre, le chemin de l’immigration pour certains et de l’exil pour d’autres, l’Afrique des sous quartiers. La fiction africaine, puisque ma lecture est plus centrée sur le roman, la nouvelle et de temps en temps l’essai, la fiction africaine disai-je est à la fois extrêmement riche et à la fois à tort méconnue du grand public en général et en Afrique en particulier. Elle est cependant – pour certains grands auteurs – le temps du recul, l’opportunité d’un regard critique sur notre culture, la possibilité de construire un autre monde, une approche des choses. Mais elle souffre de l’abandon ou de l’absence d’un lectorat africain fidèle…
Cyberculture Africaine
Elle se développe pour mon grand plaisir. On découvre chaque jour des blogs « afrocentrés » de qualité avec un fond, de la bouteille, un désir de durer, une volonté de produire un discours endogène sur l’Afrique. L’expérience du journaliste congolais Cédric Kalonji est extrêmement exemplaire de ce vers quoi doit évoluer la blogosphère africaine : Produire un regard critique sur un quotidien dont on ne perçoit plus l’anormalité et produire une interpellation à l’endroit de ceux qui sont à l’intérieur comme à l’extérieur pour commencer un cheminement, une réflexion et parfois des initiatives. Le net offre une possibilité d’échanges infinis entre les éléments de la diaspora africaine et ceux qui sont restés. Elle offre également cette possibilité de partage entre bloggeurs et bloggeuses afro-orientés.
Cela étant précisé, malgré la qualité soulignée plus haut, on peut regretter un manque de visibilité de cette blogosphère africaine, un référencement qui peine à sortir de l’ombre de nombreux blogs et sites africains, et une évolution dans des formes de ghettos dans lesquels on est heureux de s’auto satisfaire… Je vous mets au défi de trouver un blog africain dans un Top 100 chez Wikio… Parler c’est bien, être entendu c’est mieux.
Le Zimbabwe
Etum, on a un problème ? C’est quoi ces mots clés bizarres ? Rires !
Naturellement, on pense au vilain petit dictateur Mugabé. Mon point de vue sur la question est cependant extrêmement mitigé. La Grande Bretagne a entraîné les médias occidentaux dans sa chasse aux sorcières contre Robert Mugabé et nous observons la descente aux enfers de ce pays au travers de ce prisme réducteur. Le tintamarre lié à la crise humanitaire récente suite à l’épidémie de choléra s’inscrit dans cette logique. Sais-tu qu’il y a deux ans, le choléra a sévi dans la capitale économique congolaise et a fait de nombreux morts ? Je ne sais pas si l’information est passée sur une seule chaîne française. Pourtant en République du Congo sévit une dictature féroce qui, elle, a le soutien de l’Occident. Deux poids, deux mesures. Ce que je trouve particulièrement insupportable. En organisant maladroitement sa réforme agraire démagogique, Mugabé a touché aux intérêts des descendants de colons britanniques. Tout le problème de Mugabé est là et pas ailleurs. Pour le reste, cet ancien héros des luttes de libération, est un dictateur de plus qui, comme d’autres, a admirablement failli.
Le Congo, enfin la République du Congo… soyons précis
On a gagné notre première coupe d’Afrique football en 1972 au Cameroun. On brillait firmament de l’élite intellectuelle dans ces années là. « Voir Brazzaville, puis mourir » était un slogan qui animait les boums estudiantines africaines de France, de l’U.R.S.S et d’ailleurs…
Comme la R.D.C, 20 ans plus tard ce pays meurt d’être assis sur trop de richesses naturelles. Tout y est en déliquescence aujourd’hui. Il n’y a pas d’autres visions à Brazzaville que le pillage systématique des ressources du pays par un clan restreint. Mais le congolais brimé, abandonné à la débrouille aime malgré tout rêver et s’évader, la tête haute…
L’exil
Fatou Diome a prononcé à Beaubourg une très belle phrase à ce sujet : « le lieu où la paix est possible ». Le Larousse donne deux approches intéressantes :
· l’expulsion hors de sa patrie d’un individu,
· le séjour hors de sa patrie dans un lieu où on se sent étranger
Dans l’expulsion, on peut mettre beaucoup de choses, elle n’est pas forcément politique, elle peut être économique, sociologique. Mais on ne peut vraiment parler d’exil que par le constat d’une tension voir rupture avec la terre d’accueil et l’impossibilité d’aller s’épanouir sur la terre de départ. Faites le tri et vous aurez l’exilé… et l’immigré. Je me définis comme un exilé…
Popularity: 15% [?]















Les points abordés par Gangoueuses sont très pertinents et résumés la situation des Africains. Cet article aussi montre, même si j’aurais aimé que ce point soit plus devéloppé, qu’il Il est vital que les Africains réfléchissent sur la façon de se parler sans langues de bois Bref, le message est très nous ne devenons compter que sur nous mêmes (Africains)