La révolution des médias et de la communication numérique commence à atteindre l’Afrique. Apres la vague de libéralisation des médias dans les années 90 nous assistons maintenant à l’apparition des médias dits citoyens, indépendants des canaux traditionnels et des communiqués de presse officiels. C’est la naissance du journalisme citoyen. Le journalisme citoyen peut être considéré comme outil de démocratie dans les pays en voie de développement car il apporte plus de transparence et de responsabilité dans les démocraties naissantes.
Le journalisme citoyen est en fait la nouvelle version d’une vieille idée qui voudrait qu’il y’ait une interaction différente entre les producteurs d’informations et les destinataires afin de libérer la pensée et permettre la prise de recul par rapport à l’information disponible. Dans les pays développés avec l’accès à l’Internet haut débit et au développement des nouvelles technologies pas cher, le journalisme de citoyen s’exprime à travers les activités de blogging ou de média participatif du type Agoravox.
Le journalisme citoyen a émergé en grande partie en raison du besoin du journalisme traditionnel de mettre à jour ses méthodes de travail face à l’abandon de la réalité terrain et de l’éloignement vis à vis du quotidien des populations.
Dans les pays africains cependant, le journalisme citoyen s’exprime en grande partie dans le contexte de la diffusion par radio, média de masse par excellence. Les citoyens peuvent participer aux émissions en appelant les animateurs ou journalistes radios et donner leur avis sur les sujets qui les préoccupent. Le développement et de l’expansion de la téléphonie mobile favorise cet utilisation. Ainsi, les émissions de radio sont plus interactives, mais également plus vivantes avec de nombreux directs et appels de correspondants sur le terrain. Par ailleurs les mobiles sont employés de plus en plus pour soulever les consciences au sujet des violations de droits de l’homme. Un groupe d’activistes de droit de l’homme utilisent des téléphones portables pour informer les populations sur les violations de droit de l’homme au Zimbabwe. Il existe même des outils comme FrontlineSMS développé par Kiwaja pour suivre les violations des droits de l’homme dans un pays, cette solution a été utilisée lors des dernières élections au Nigéria. Mais le Web permet à de nombreuses personnes dans le monde entier de s’engager dans le journalisme citoyen et l’Afrique n’est pas en reste avec quelques sites web qui tentent de fédérer les énergies. 20Mai.net en fait partie, ce site donne l’opportunité aux étudiants camerounais d’écrire des articles sur la l’actualité politique, économique, sociale et culturelle camerounaise avec leurs propres mots, c’est du User Generated Content par les étudiants. Une autre facette du journalisme citoyen se retrouve aussi dans la blogosphere qui s’agrandit de plus en en plus en Afrique avec des blogs de combat où l’on trouve des articles très critiques sur la politique ou encore le développement économique et social. Il faut toutefois reconnaitre que seulement une minorité de blogs traitent de politique et d’activisme et craindre aussi une certaine hyperlocalisation du contenu empêchant le traitement des sujets plus globaux. Il faut toutefois suivre les expériences de l’aggregateur de blogs et de news sud-africain Afrigator et Voices Of Africa qui se propose de nous rendre tous des reporters mobiles grâce à nos téléphones portables. Nous ne sommes qu’au début de la révolution…
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Un site/blog sur lequel je travaille en ce moment, c’est http://www.comicodi.org/info (ils font dans la lutte contre la corruption et la discrimination) et je dois dire que la solution FrontlineSMS me donne encore plus d’idées pour eux. ça devrait les intéresser ça…
Je vais regarder ça tout de suite.
Quant à 20mai.net, je reçois encore les articles par mail, et je dois les publier ensuite. Une barrière est la capacité d’utilisation des backend des blogs et la bande passante…Bcp de personnes sont bloquées par leur faible bande passante et s’agacent très vite, hélas.